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   E c c l é s i o l o g i e


          Thèse 8 – L’Eglise « sacrement universel du Salut »

                                  et son analogie avec le mystère du Christ 


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     A une ecclésiologie comme communion des Eglises locales, autours des évêques (1er millénaire) succède peu à peu une ecclésiologie juridique de l’unité de l’Eglise universelle, autours du Pape (2nd millénaire). Vatican II (Lumen Gentium) se veut alors une synthèse, prônant une ecclésiologie sacramentelle de communion, « communion hiérarchique » parce que graduelle et progressive (sacerdoce commun ou ministériel ; collégialité épiscopale ; etc…).

    Cette communion s’étend par ailleurs au-delà des frontières de l’Eglise visible (institutionnelle), si bien que l’Eglise est « sacrement universel du salut » (LG 48). Comme quasi-sacrement (veluti sacramentum, dans LG 1), elle est
          (1) société ecclésiale, organisée hiérarchiquement (/ sacramentum tantum) ;
          (2) communauté des croyants dans le Christ (/ res et sacramentum) ;
          (3) mais enfin et surtout filiation divine et fraternité dans le Christ (/ res tantum).
             Bref une « unique réalité complexe » (LG 8), qui déborde largement les frontières de l’Eglise institutionnelle. Si bien que l’on peut et doit tenir la nécessité absolue de l’Eglise (totale, et pas seulement institutionnelle) pour le salut. L’Eglise visible (institutionnelle) demeure la « voie ordinaire du salut » (UR 3), instituée directement par Jésus son Chef (Baptême, Eucharistie, Pierre, Apôtres, etc…), et dotée par Dieu de la « plénitude des moyens du salut » (UR 3). Si son refus volontaire et conscient prive du salut, une appartenance extérieure ne suffit cependant pas : une appartenance de cœur est nécessaire (LG 14).

     Concernant ceux qui ne connaissent pas pleinement le Mystère de l’Eglise, ni même parfois celui du Christ, Dieu veut tout autant qu’ils soient sauvés (1 Tim 2,4-6), et ne saurait être lié pour cela par les moyens qu’Il a Lui-même institué. S’ils sont sauvés, ils le sont néanmoins par le Christ, « unique médiateur entre Dieu et les hommes » (1 Tim 2,4-6), et même par un lien mystérieux et subordonné à l’Eglise (RM 10 ; DI 20), qui est le Corps mystique du Christ.

     C’est ainsi, et ainsi seulement, que le Salut vient du Christ, et que nul ne peut être sauvé en dehors de Lui. Ce christocentrisme inclusiviste apparaît donc comme la position du Magistère, contre toutes les autres propositions, qui sont intenables : ecclésiocentrisme exclusiviste, théocentrisme, pneumatocentrisme, régnocentrisme, logocentrisme, etc…

     Le Mystère de l’Eglise se rapporte en effet directement au Mystère du Verbe incarné (LG 8). Unie à son Mystère Pascal qu’elle proclame et dont elle témoigne à travers les persécutions du monde et les consolations de Dieu, elle peut alors communiquer aux hommes les fruits du salut, non sans un effort constant de pénitence et de renouvellement.

     Corps du Christ, l’Eglise est Temple de l’Esprit, qui l’unifie, l’accroit et la sanctifie. L’Esprit est en effet pour ce corps comme son âme (Léon XIII), principe d’unité, de communion, de catholicité, d’apostolicité et de sainteté. L’Eucharistie – par laquelle l’Epoux se rend présent à l’épouse – demeure le moyen central par lequel l’Esprit Saint « fait l’Eglise » (Y. Congar).